La peur

La peur
Depuis toujours je croyais que la peur était réservé aux autres, aux gens plus faibles.
Elle ne m'atteignait pas.



...Puis elle m'a trouvé...


Et le jour ou elle vous trouve, vous comprenez qu'elle a toujours était la.
En embuscade.
Tapissé sous la surface de chaque jour que vous aimiez.

Vous avez le coeur qui se soulève, une sueur froide vous saisi soudain, et vous vous voyez remonté cette même rue jadis.

Vous retrouvez vous un jour, la personne que vous étiez?

...A vif...

# Posté le jeudi 07 février 2008 11:31

le retour

le retour
A quoi ça sert.

J'en suis au point où même si j'étais en face d'eux, je resterai là, les bras ballants, muette.

Car il n'y a rien a dire, rien à comprendre.

Juste à subir.

Bienvenue dans ton ancien monde.

# Posté le dimanche 03 février 2008 17:29

...

...
De toutes les gamines blondes, brunes, rieuses, les joues pleines de fossettes que vous croisez, vous est-il déjà arrivé d'imaginer qu'elles offrent leur corps pour quelques mots de réconfort ?

Ces femmes au visage fatigué que vous croisez dans les supermarchés, vous doutiez vous du drame de leur vie ?

Ces jeunes filles brisées par le désir d'un homme, converties en ombres par le viol, les voyez vous encore ?

Celles qu'on a abandonnées, celles qui se retrouvent seules un jour, pas si seules qu'elles ne le pensaient. Un avortement en route. Qui peut leur reprocher d'avoir peur ?

Elles ont 15, 18, 23, 30 ans ou plus. Leur vie elles ne savent pas trop ce qu'elles en font, alors quand l'occasion de la maitriser se présente elles sautent dessus.

Mais est-ce suffisant?

apparemment

non

*soupir*

# Posté le samedi 02 février 2008 17:16

N'insiste pas sur le fil

N'insiste pas sur le fil
Le pantin ne bouge pas. Il voudrait crier, s'enfuir le plus loin possible, mais il ne peut pas. Les sons ne sortent pas de sa bouche. Il n'a même plus la force d'appeler au secours.
Prisonnier dans sa cage de verre, il ne sort que lorsque le soleil s'est couché. Tous les soirs, il contemple cette boule de feu qui ne fait plus qu'un avec la mer.

C'est son seul et unique moment de bonheur.

Enfin, il entre en scène. Systématiquement. La marionnettiste entre, le libère de sa prison, mais lui en fait une autre à nouveau. Il n'est et ne sera jamais libre. Ses mains prennent les fils du pantin, et ce dernier se met à gesticuler, pour le plus grand amusement des enfants...
Mais eux ne savent pas à quel point le pantin souffre. Qu'il aille bien ou mal, il faut qu'il fasse son numéro. Il étouffe, il suffoque, il ne sait pas comment s'en sortir. Personne ne l'aide. Le pantin pleure. Des larmes de crocodile. Comme pour mieux le punir, le marionnettiste redouble de plus belle, et lui fait faire plein de mimiques, toutes plus absurdes les unes que les autres. Les enfant rient aux éclats. Quelqu'un se fait ridiculiser, et eux aiment ce spectacle. Le pantin devient rouge. Est-ce de la colère, de la tristesse ? Les deux à la fois. Une immense boule s'immisce dans son ventre. Il n'arrive plus à respirer. Il étouffe, il suffoque. En voyant encore la manège que fait son ami en bois, le marionnettiste se met en colère, et l'agite, le secoue dans tous les sens...

Mais c'est trop tard. Il a beau bouger les fils, le pantin ne répond plus, même à contrecoeur. Les enfants se sont arrêtées de rire : ils regardent la scène avec un mélange de chagrin et d'effroi. C'est trop tard pour s'apitoyer sur son sort. C'était avant qu'il fallait arrêter cette mascarade stupide et méchante. Le pantin a désormais les yeux fermés. Il dort... Non. Il est au paradis.En enfer? Bon d'accord.
Il ne verra plus de coucher de soleils... Par votre faute.

# Posté le vendredi 01 février 2008 18:32

La marée humaine

La marée humaine
Silhouettes fuyantes, ombres perverses. Perchée sur mes talons aiguilles, vous passez sans me voir. La lumière froide des réverbères ne fait que renvoyer votre piteuse image dans les flaques ruisselantes. Je suis la transparence incarnée, cette inconnue dont on souhaite rarement connaitre l'identité. Je représente la demoiselle que l'on croise à chaque station de métro, à chaque coin de rue. Les corps anonymes se pressent, se bousculent, se mélangent entre eux. Mais ils ne se connaissent pas. Nous sommes condamnés à rester cette foule éphémère qui en quelques secondes, se disloque pour en reformer une autre et ainsi, le cycle se répète à l'infini. Nul bonjour, nul sourire, nul regard, nul baiser, nul au revoir : pour qu'il y ait au revoir, il aurait fallu logiquement qu'il y ait un bonjour au préalable. A nous tous, nous formons une marée non humaine : La forme d'êtres, d'individus mais l'humanité en moins.
Les pas s'entrechoquent sur les pavés glissants et la ville se couvre d'un voile noir. On ne voit même plus les étoiles, ces étoiles qui brodaient d'un fil doré ce si joli ciel d'antan. Je ne m'attends plus à rien. Je n'espère plus rien. Les réverbères ont toujours cette lumière chimique, la foule est toujours aussi opaque et impersonnelle. Personne ne se soucie de ce qui roule sur mes joues, de ces yeux embués de larmes. Personne ne regarde ces yeux qui sont les miens. Personne. Un mot bien étrange puisqu'il désigne à la fois un individu et son absence. Une ambivalence déroutante, deux opposés réunis en un seul et même terme. Mais plus rien ne m'ébranle. Je marche dans la rue, tête baissée. Peur que mon regard ne confronte celui d'autrui. Crainte de voir dans ce dernier de la moquerie ou de la méchanceté qui me seraient destinées. C'est probablement pour ça que l'on passe sans me voir. Je fuis des silhouettes déjà fuyantes. Je me consume dans cette foule oppressante. Un pont. Apollinaire dit à propos de ce dernier que la joie venait toujours après la peine. Je crains qu'il n'ait pas raison. Ironie tragique, mes mains frêles s'agrippent au réverbère, le même qui m'horripilait à cause de sa lumière si insipide. Désespoir nocturne qui s'intensifie au diurne. Mélancolie des jours heureux et plus encore. Je regarde autour de moi : Personne. Et dans un ultime espoir, je lève la tête vers le ciel : Non, les étoiles ne sont toujours pas là.


Bonne année
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# Posté le vendredi 01 février 2008 08:02