A en crever, un peu et pour toujours . . .
Chaque soir tu pleureras, vidée, et humiliée, sans autre arme que tes bras, . . .
. . . Et, dans l'obscurité de ta chambre, dans la douceur de tes draps de soie, et l'insipidité de la nuit noire, tu regretteras l'amère désillusion qui précéda la chute. Tu ne comprendras pas tout, il y aura des relents de cette bougie Dyptique que tu hésitais à allumer parce qu'elle te faisait penser à tous ces souvenirs que tu crèves d'envie d'oublier . . .
. . . Et puis, soudain, un éclair, un tressaillement, une furtive pensée, - chaste en plus ! - , rien de plus qu'une sombre illumination qui te fera prendre conscience que tu l'aimes encore et encore et pour toujours, et à jamais, et rien, rien de ce que tu peux absorber ce soir-là, cet alcool trop fort qui te défonce la gorge, ces clopes en trop que tu as tant envie de gerber, cette coke dégueulasse qui t'attaque chaque fois plus le nez ne te fera te sentir mieux. Tu noieras ton chagrin dans des litres et des litres de vodka, de rhum, de tequila, de martinis corsés, de whisky, de champagne, et des grammes et des gramme de coke et d'ecsta. Et malgré tout, malgré toutes ces infructueuses tentatives, vaines et puériles, tu t'effondreras . . . Seule, ce samedi soir parce que tu ne veux plus -ou ne peux plus - sortir, à deux heures du mat', trop défoncée pour entendre ton portable vibrer, tu t'écrouleras aux aurores pendant que tu entendras au loin les appels de la mort .
. . . En fait ce ne seront que tes ex-amis, amis quand ils ne t'avaient pas tourné le dos, qui rentreront chez eux, assommés par l'alcool, la musique trop forte, les déhanchés lascifs des salopes sur la piste, les paquets de cigarettes superflues, et la fatigue . . . .
La fatigue . . .